De Bruxelles à New York, de l’immobilier à la Haute Couture parisienne, le parcours de Leona Erziak illustre une trajectoire singulière dans l’univers du luxe. À mi-chemin entre structure architecturale et sensibilité poétique, la créatrice impose aujourd’hui une écriture couture qui conjugue rigueur formelle et profondeur émotionnelle.
Un héritage artistique et un détour par les affaires
Née en Belgique au sein d’une famille maroco-belge, Leona Erziak grandit à Bruxelles dans un environnement marqué par l’artisanat. Son père est maître potier et céramiste, tandis que sa mère exerce le métier de couturière, spécialisée dans les caftans et les robes de mariée. Cette double filiation façonne très tôt son regard sur la matière, le volume et la construction.
Suivant le conseil de sa mère de s’assurer d’abord une indépendance financière, elle étudie la communication et les relations internationales avant de s’installer à Londres, puis à New York, où elle travaille dans le secteur de l’immobilier. Ce n’est qu’après cette première carrière qu’elle revient à la création. En 2009, elle fonde la maison Lena Erziak avec sa sœur Hanna, le nom de la marque étant la contraction de leurs deux prénoms.
Des accessoires remarqués à l’international
La marque se fait d’abord connaître à travers des accessoires de luxe — sacs et chaussures fabriqués en Italie par des ateliers spécialisés. Rapidement, ces pièces attirent l’attention de la presse mode internationale, de Vogue Japan à Harper’s Bazaar, et sont adoptées par des personnalités comme Beyoncé, Jennifer Lopez, Katy Perry ou Diane Kruger.
Cette visibilité internationale installe Lena Erziak comme une maison indépendante à forte identité, avant même son entrée officielle dans le champ de la haute couture.
L’entrée dans la Haute Couture
Après la pandémie, Leona Erziak accélère sa transition vers la couture, revendiquant un modèle fondé sur le sur-mesure, la production raisonnée et l’upcycling de tissus d’exception. Cette orientation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la durabilité et le temps long du vêtement.
Depuis, la maison est régulièrement présente dans le calendrier de la Paris Haute Couture Fashion Week, où elle présente des collections à forte dimension narrative :
- « Les Jardins de Luisa Casati » (Printemps-Été 2024) : Hommage à la muse et mécène de la Belle Époque, à travers une couture spectaculaire et théâtrale.
- « Melancholia » (Automne-Hiver 2024-2025) : Collection dominée par le noir, explorant l’introspection et la mémoire, avec un travail remarqué de la dentelle et de la plumasserie.
- « Muses Modernes » (Printemps-Été 2025) : Dédiée à des figures féminines de l’émancipation, de Simone Veil à Zaha Hadid, et marquée notamment par l’apparition de Henry Samuel sur le podium.
- « Iron Sakura » (Automne-Hiver 2025-2026) : Inspirée par un voyage au Japon, où la délicatesse de la fleur de cerisier dialogue avec des silhouettes structurées et une symbolique martiale.
Une écriture couture entre émotion et structure
La signature de Lena Erziak repose sur un équilibre constant entre construction architecturale et charge émotionnelle. Les volumes, hérités de la culture du modelage et de la sculpture, dialoguent avec une approche du textile nourrie par la couture traditionnelle et les récits intimes.
La créatrice revendique une mode pensée pour une « amazone moderne » : une femme libre, plurielle, qui assume sa puissance autant que sa sensibilité.
Installée aujourd’hui entre Paris, New York et Marrakech, Leona Erziak poursuit le développement de sa maison avec l’ambition de consolider son ancrage parisien. Dans un paysage couture en pleine mutation, elle s’impose comme l’une des voix indépendantes qui redonnent au luxe une dimension à la fois artistique, humaine et contemporaine.
Pour en savoir plus sur les collections et l’univers de la maison, rendez-vous sur:
CHIKH Larbi الشريف, le 28 décembre 2025.
Photo de couverture : © CHIKH Larbi – Cathédrale américaine de Paris, 25 janvier 2023

