Berite Labelle BLONE HAUTE PARFUMERIE

BLONE HAUTE PARFUMERIE

Quand le parfum emprunte les chemins de la Haute Couture

Le 10 juin dernier, dans l’écrin feutré du Legacy Store Paris, au cœur du Triangle d’Or, une nouvelle maison de parfumerie a choisi de se dévoiler à la presse. Son nom : Blone Haute Parfumerie.

À l’origine de cette aventure olfactive se trouve Berite Labelle, personnalité aux multiples facettes. Mannequin, réalisatrice, entrepreneure, productrice et créatrice, elle propose avec Blone une approche du parfum qui s’éloigne volontairement des mécanismes traditionnels du marché pour explorer un territoire plus intime : celui de l’émotion.

À première vue, la rencontre entre la Haute Parfumerie et la Haute Couture peut sembler évidente. Toutes deux appartiennent à l’univers du luxe. Pourtant, le lien qui les unit est bien plus profond.

La Haute Couture habille le corps et la Haute parfumerie habille l’esprit. Mais toutes deux poursuivent la même quête : donner une forme palpable à ce qui ne peut être pleinement exprimé par les mots. C’est précisément dans cet espace que semble s’inscrire Blone Haute Parfumerie.

Crédits soirée : Visual Production @backstage_fca_tv – Direction & TV Host @olesyaokuneva – Vidéo @linia.paris – Photographie @i.berov

Le parfum comme récit personnel

Les créations de Blone se présentent sous la forme de nombres : 396, 528, 639, 741 ou encore 852. Ces chiffres agissent comme des codes émotionnels qui invitent à l’expérience humaine et chaque fragrance est pensée comme un fragment de récit que chacun est libre d’interpréter.

Cette démarche rappelle celle des grands couturiers qui, derrière chaque collection, cherchent moins à produire des vêtements qu’à construire une vision du monde. Chez Blone, le parfum devient alors une forme de communication porté sur la peau. Les cinq fragrances présentées lors de cette soirée composent un ensemble cohérent, presque comparable à une collection de Haute Couture.

396 ouvre la marche avec une écriture énergique où les agrumes vibrants rencontrent le poivre noir, le vétiver et le santal. Une fragrance tendue, instinctive, presque électrique.

528 développe une expression plus lumineuse. Rose, jacinthe, cassis et mirabelle composent un équilibre délicat entre fraîcheur et sensualité.

639 se déploie autour des fleurs blanches, de la pêche solaire, des agrumes et de la vanille. Son sillage évoque la douceur d’un souvenir heureux qui refuse de disparaître.

741 explore une dimension plus minérale. La cardamome dialogue avec les bois précieux et les accords marins dans une composition à la fois mystérieuse et audacieuse.

Enfin, 852 conduit vers une expérience plus introspective où encens, myrrhe, muscs et bois sacrés composent une architecture presque méditative.

À la manière d’une collection de couture, chaque création possède sa personnalité propre tout en participant à un récit d’ensemble.

Crédits soirée : Visual Production @backstage_fca_tv – Direction & TV Host @olesyaokuneva – Vidéo @linia.paris – Photographie @i.berov

Berite Labelle ou l’art du storytelling olfactif

Ce qui distingue peut-être le plus la démarche de Berite Labelle est son rapport à la narration. Issue du monde du cinéma et de l’image, elle envisage le parfum comme un vecteur de récit. Chaque création cherche moins à séduire qu’à provoquer une résonance intérieure : « Je ne crée pas des parfums pour suivre des tendances. Je crée des fragrances qui réveillent quelque chose chez les gens », explique-t-elle.

Cette volonté de raconter plutôt que de vendre rapproche son travail de celui des créateurs de Haute Couture qui conçoivent leurs collections comme des chapitres successifs d’une œuvre plus vaste. Dans les deux disciplines, la création ne consiste pas uniquement à produire un objet de matière mais une forme de vérité ineffable que seul l’imaginaire peut capturer.

Crédits soirée : Visual Production @backstage_fca_tv – Direction & TV Host @olesyaokuneva – Vidéo @linia.paris – Photographie @i.berov

Conclusion

Depuis sa création, LE HUITIÈME ART défend l’idée que la Haute Couture dépasse largement la fonction vestimentaire pour rejoindre le champ de l’expression artistique majeur.

La Haute Parfumerie partage cette même singularité. Le parfum ne peut être vu. Il ne peut être saisi. Il ne peut être conservé dans l’instant où il se manifeste. Et pourtant, il transforme profondément notre perception du monde. Comme une création de Haute Couture, une fragrance modifie notre rapport à nous-mêmes et à travers Blone Haute Parfumerie, Berite Labelle semble revendiquer cette dimension sensible et émotionnelle du parfum.

Dans un paysage où la parfumerie de niche connaît une profonde mutation, cette jeune maison apparaît comme l’une des voix émergentes les plus singulières à observer.

Car lorsque le parfum cesse d’être un simple produit de consommation pour devenir un récit, une émotion ou une œuvre intime, il rejoint naturellement le territoire de l’art. Et c’est peut-être là, à cet endroit où se rencontrent mémoire, beauté et création, que la Haute Parfumerie retrouve sa parenté la plus profonde avec la Haute Couture.

CHIKH Larbi

LE HUITIÈME ART

Crédits soirée : Visual Production @backstage_fca_tv – Direction & TV Host @olesyaokuneva – Vidéo @linia.paris – Photographie @i.berov

LE HUITIÈME ART remercie chaleureusement Frédéric Blanc, rédacteur en chef de Fashion Spider, pour son invitation à cette découverte de l’univers de Blone Haute Parfumerie. https://blonelamaison.com/fr/